wabi sabi suki

inspiration esthétique

・Simplicité tranquille
・Patine de l’age
・Élégance subtile

A propos

Les photographies présentent sur cette page ont été finement sélectionnées par l’artiste Cyriaque Ambroise. En collaboration avec wabi.fr, il partage ici ses découvertes et inspirations. Influencé par le concept esthétique japonais du wabi  [1], il tente d’illustrer la notion de beauté trouvée dans la simplicité et la sobriété. Il essaie également de faire référence au concept esthétique du sabi  [2], la beauté décelée dans la patine du temps et le travail des hommes. Sans oublier l’élégance subtile du suki [3].

 

Le projet wabi sabi suki  me permet de partager mon inspiration esthétique sur le plan des émotions, du ressenti, du subtile et de l’intime. C’est une démarche du quotidien, une quête de cet instant furtif où l’on sait reconnaître et apprécier la beauté des choses imparfaites, éphémères et modestes... Je crois sincèrement que le retour à la lenteur, à la simplicité, à la sobriété paisible, influence positivement l’existence.

Cyriaque Ambroise - Février 2018

 

 



[1Wabi - 侘 ou 佗 - わび
La simplicité tranquille
Une simplicité raffinée et élégante obtenue en faisant ressortir les couleurs, les formes et les textures naturelles inhérentes à des matériaux tels que le bois, la paille, le bambou, l’argile et la pierre ; ainsi qu’à des objets fabriqués à partir de ces matières, tels que les faïences, les carreaux, le papier fait main, les laques ; ou à partir de fibres textiles comme le chanvre, le coton ou la soie : voilà le cœur du wabi. Le wabi pourrait décrire la beauté trouvée dans une nature intacte, ou bien bien celle qui résulte des tentatives humaines de faire ressortir le caractère distinctif d’un matériau. Tout en évitant les décorations, les artifices et le flamboyant, le wabi se situe sur une ligne délicate et précaire entre beauté et dénuement. Pour découvrir le wabi, il faut avoir un regard aiguisé, mais ce n’est pas une esthétique réservée uniquement au Japonais de l’époque, c’est une qualité qui peut être identifiée partout, par toute personne raffinée et sensible à la beauté.

[2Sabi - 寂 - さび
La patine de l’âge
La beauté qui chérit le passage du temps est sabi, ceci fait écho au sens originel de ce mot : rouille ou patine. Les objets ou les constructions créés à partir de matériaux organiques et utilisés dans la vie quotidienne sont bien sûr beaux quand ils sont neufs. Mais le sabi décrit les phases de beauté nouvelles et différentes qui évoluent au cours de l’utilisation et de la jouissance d’un objet, et la conviction que la valeur esthétique des choses ne diminue pas avec le temps, mais qu’au contraire elle en est renforcée. L’usure par l’usage quotidien, l’attention portée et les réparations précautionneuses, n’enlève rien, mais ajoute une nouvelle beauté et profondeur esthétique. En effet, le sabi est à son apogée lorsque l’âge et l’usure amènent une chose au seuil de sa disparition. L’appréciation du sabi corrobore les étapes naturelles de la vie organique - ce qui est créé à partir de la terre retourne à la terre - et rappelle que rien n’est jamais parfaitement parachevé. Le sabi est fidèle au cycle naturel de la naissance et de la renaissance

[3Suki - 数寄 - すき
L’élégance subtile
Exprimant à l’origine l’attrait, la fascination et la curiosité, le suki est une aventure esthétique, classique, insolite, curieuse ou idiosyncratique. Au début, le suki semble avoir exprimé l’idée d’une beauté hérétique et peu orthodoxe. Mais le shogun Ashikaga Yoshinori (1399-1441) qui était un mécène des arts, su comment promouvoir le suki. Son salon était réceptif aux idées audacieuses et nouvelles que nous pourrions décrire "d’élégances subtiles". Aujourd’hui, beaucoup sont des adeptes du suki, une quête de la beauté sous des formes et apparences non conventionnelles, et ils continuent d’être fidèles à l’esprit d’une élégance subtile qui constitue l’essence sans âge du suki.

Extrait du livre : “ WABI SABI SUKI : The Essence of Japanese Beauty ” – par Itoh Teiji